Si The Wall est l’un des albums les plus appréciés des mythiques Pink Floyd, son petit frère l’est beaucoup moins.

The Final Cut, sorti en mars 83, est considéré par beaucoup comme le dernier album original du groupe britannique en raison du départ de Roger Waters (leader depuis la mise à l’écart de Syd Barrett) peu de temps après sa sortie. The Final Cut, malheureusement loin d’être encensé par la presse, est très peu connu du public. Je ne saurais vous conseiller pourtant de vous y attarder et d’y consacrer un peu de votre temps afin de l’apprécier à sa juste valeur. Tel un bon vin qu’il faut carafer et laisser décanter pour qu’il s’aère et libère sa vraie saveur,  The Final Cut prend tout son sens et toute sa force dans son histoire et dans certains détails seulement perceptibles aux oreilles qui auront su s’y accoutumer.

Il s’agit donc d’un concept album initialement prévu pour approfondir l’histoire de The Wall mais dont la visée va changer à cause de l’entrée en guerre du Royaume Uni contre l’Argentine en 82 (la guerre des Malouines). Ce conflit réveillera le côté antimilitariste de Waters qui, toujours rongé par la mort de son père lors de la seconde guerre mondiale (cf The Wall : The Thin Ice), composera de manière quasi solo cet album, véritable lettre ouverte dénonciatrice de la politique britannique.

L’album s’ouvre sur The post war dream, introduction qui plante immédiatement le décor en étalant les sentiments de l’artiste, et se clôture sur un déchirant « Maggie, Maggie what have we done ? »

Vous l’aurez compris, Maggie n’est autre que Margareth Thatcher à qui Waters reproche d’avoir vite oublié le post war dream , rêve pour lequel son père est mort en 44. The Final Cut nous fait passer ensuite à travers une succession de titres qui retracent l’histoire de Pink, le protagoniste de The Wall , à la fin de la guerre.

L’inflexion dans le fil de l’album est annoncée par les dernières paroles de Southampton dock : « we felt the final cut » titre éponyme de l’album, c’est un petit bijou sorti de la tête de Waters et admettons-le, également des doigts de Gilmour.  En point d’orgue de ce monologue, la dernière phrase du morceau ponctue :

“I held the blade in trembling hands Prepared to make it but just then the phone rang I never had the nerve to make the final cut”

L’expression « the final cut », dernière coupure d’une pellicule clôturant un film, métaphorise ici le suicide que Pink n’a jamais eu « le cran » de faire. La boucle avec The Wall est bouclée, il s’en sort malgré tout et ainsi s’achève l’histoire contée par ces deux magnifiques albums.

Je souhaite également rendre hommage au saxophoniste auquel Pink Floyd a fait appel pour cet album et qui hélas nous a quittés en octobre dernier, j’ai nommé : Raphael Ravenscroft. Si le nom ne vous dit rien sachez cependant qu’il est l’interprète original d’un des soli de sax les plus connus. Vous l’avez sans doute entendu dans Baker street sortit en 78, et si cela vous parait toujours un peu léger, j’ajouterai qu’il a travaillé avec des noms tels que John Lennon, Marvin Gay ou encore ABBA. Les afficionados de cet instrument en apprécieront surement la sonorité entrainante et le grain qu’il donne à l’album.

Installez-vous donc maintenant confortablement avec une bière à la main ; je vous laisse en compagnie de la toute dernière piste de l’album – Two suns in the sunset – conclusion sur fond d’holocauste nucléaire à la mélodie fataliste.

One thought on “ The Final Cut ”

  1. Effectivement la chanson The final cut est importante et bien faite et avec de jolies paroles. La suivante Not now John est aussi pas mal avec une phrase de francais dans le texte. Je me souviens avoir écouté cet album à sa sortie en boucle en vinyl 🙂 Le morceau GetYour Filthy Hands off My Desert est aussi pas mal dans son introduction avec avion de chasse en stéréo. Un album tres Watersien effectivement.
    Il pilote tout, trop. Un petit solo de guitare pour Gilmour par ci par là.
    Mais c’est un bon album méconnu c’est vrai.
    On pourrait se demander si ceux qui ont suivi finalement n’étaient pas aussi meilleurs avec Guilmour sans Waters musicalement parlant.

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