Mai 2015 marque les 10 ans de l’album Demon Days de Gorillaz. Classé numéro un des ventes dès sa sortie au Royaume Uni, l’album s’est écoulé à près de 6 millions d’exemplaires.

Il est difficile d’imaginer une telle prouesse de la part d’un groupe virtuel composé de 4 membres entièrement fictifs – au design légèrement flippant – dans un univers onirique entre le trip-hop et l’electronica. Pourtant, cela n’a pas semblé être un problème pour Damon Albarn et Jamie Hewlett.

Et on peut les remercier. Demon Days est un album unique en son genre, une symbiose incroyable entre le hip hop et le rock alternatif, dominé par un aspect expérimental, avec des touches électro, et brit pop. Rien que ça.

« You are now entering… The Harmonic Realm… » : L’intro semble vouloir nous mettre en garde avant l’écoute de l’album qui s’annonce comme un voyage surréel, dark et mouvementé. C’est d’ailleurs un sample de Dank Earth, tiré du film Dawn Of The Dead (1978).

On commence en douceur avec les deux premiers titres, Last Living Souls et Kids With Guns. L’atmosphère est détendue, on se laisse gentiment guider par les rythmes répétitifs qui traînent un peu le pas.

O Green World est plus rapide, et constitue une transition parfaite pour Dirty Harry. Ce morceau est un des plus entrainants, l’air est simple à retenir, et mêle une chorale d’enfants à une phase rap inattendue de Bootie Brown des Pharcydes.

On arrive enfin à Feel Good Inc, qui nous séduit instantanément, et quand je dis instantanément, c’est dès les 10 premières secondes. Ce morceau est reconnu comme le meilleur de Gorillaz, et pour cause : la ligne de basse est inoubliable, la collaboration avec De La Soul est parfaitement menée, même le petit effet de la voix de Damon Albarn résonnant à travers un mégaphone contribue à ajouter un max de style.

Les morceaux qui suivent sont calmes. El Manana est une ballade constituant la suite vidéo de Feel Good Inc ;  Every Planet We Reach Is Dead – avec Ike Turner au piano – nous rappelle les sonorités mystiques du premier album éponyme du groupe, et November Has Come confirme finalement cette partie si mélancolique de l’opus.

All Alone réveille l’auditeur avec un rap très rapide de Roots Manuva. Quant à White Light c’est le morceau un peu WTF de l’album, supposément chanté par Murdoc, le bassiste fictif du groupe (le personnage vert à l’hygiène douteuse).

DARE est le morceau que je préfère le moins. Moins ambitieux, plus pop, il n’est pas à la hauteur des morceaux précédents qui sont plus réfléchis, plus complexes.

Heureusement, la track suivante est une petite merveille : Fire Coming Out of the Monkey’s Head est un conte pour enfants plutôt triste (carrément horrible même), raconté par l’acteur Denis Hopper (Apocalypse Now, Blue Velvet…). La voix de Damon Albarn n’a jamais été aussi troublante, l’immersion est totale.

Don’t Get Lost in Heaven et Demon Days sont complémentaires et closent finalement l’album, au moyen d’un gospel aux airs de générique final.

Après un premier album entièrement expérimental, c’est avec Demon Days que Gorillaz gagne en maturité et en crédibilité. Les thèmes abordés sont graves, les différents styles musicaux s’enchainent et se mélangent parfaitement, la richesse de l’univers graphique propre à Gorillaz est plus que fascinante. Damon Albarn a su explorer plusieurs pistes sans pour autant sacrifier la qualité musicale.

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