Il y a certains bouquins à côté desquels on ne peut pas passer. La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert en fait partie. J’ai pourtant failli plusieurs fois. 
La première à sa sortie : forcément, un Hopper en couverture ça m’a sauté aux yeux (cf Il est temps de rencontrer Edward Hopper). Mais bon la quatrième de couverture m’emballe pas plus que ça.

La deuxième à sa sortie en poche : purée toutes les librairies en ont des tas en tête de gondole. La troisième pendant une chronique de Gérard Collard au Magazine de la Santé : appuyé par Marina Carrère d’Encausse, il nous annonce un grand livre, à lire absolument.

A ce moment là, je ne le sais pas encore mais il me parle de ce qui sera probablement mon coup de cœur de l’année. Un passage à la Fnac plus tard, je tombe à nouveau dessus. Encore un coup d’œil à la quatrième de couverture et je suis tout de même perplexe : Grand Prix du Roman de l’Académie française, Prix Goncourt des Lycéens, enthousiasme de Bernard Pivot. Bon y a sûrement pas de fautes d’orthographe et les institutions sont unanimes, me dis-je. Mais moi, ça va me plaire ce truc ? Aucun pitch, ces quelques lignes de critique, la tof de l’auteur plutôt beau gosse et qui a mon âge (saloperie va !) mais pas de quoi me donner envie de m’y plonger. Et puis il y a cette citation tirée du livre :

« Un bon livre, Marcus, est un livre qu’on regrette d’avoir terminé ».

Là je commence à me dire que je suis plutôt d’accord. Et puis après tout, vu le succès de ce roman, il doit bien y avoir une raison pour que je claque 9 balles pour 850 pages. J’en lirai p’tet qu’une centaine si ça me plaît pas, je me serai fait une opinion et j’aurai salué l’idée d’un hommage à Hopper en couv’… Allez cette fois ok je le prends !

Le soir même, je délaisse Isaac Asimov et ses Histoires Mystérieuses (excellent recueil de nouvelles de cet excellent auteur au demeurant) pour faire connaissance avec le non moins mystérieux Joël Dicker. Je change un peu de registre, Isaac comprendra et je reviendrai vers lui d’ici peu si j’accroche pas du tout à Quebert ou au mieux pour me changer les idées si ça traine en longueur.

Mais voilà, je ne savais pas que j’avais dans les mains un bouquin qui ferait bientôt partie de mon top 10, p’tet même 5, mais je déteste classer ce genre de choses donc peut être mon top 1 ex æquo avec une dizaine d’autres romans. J’ai dû facilement me faire 50 pages ce premier soir. Me revient en tête cette phrase de Pivot pour parler du livre :

« Si vous mettez le nez dans ce gros roman vous êtes fichu. »

La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert est un bouquin qu’il est difficile de pitcher sans trop en dire. Par où commencer ? Le narrateur tiens. Il s’agit de Marcus Goldman, écrivain tout juste trentenaire (Ca vous rappelle quelqu’un ?) qui, il y a un an, sortait un best seller le propulsant au rang de star internationale sans prévenir. Mais voilà, après les soirées de la jet set New Yorkaises et la découverte du monde des gens riches, son éditeur lui rappelle qu’il a signé un contrat pour cinq livres et qu’il va vite fait falloir s’y remettre. Et évidemment sous la pression, la fameuse page blanche, « La maladie des écrivains ». Il va alors se tourner vers son illustre professeur d’université, celui qui a fait de lui un écrivain et qui est devenu son ami. Le fameux Harry Quebert, lui même auteur d’un des plus grands romans de la littérature américaine du XXe : Les Origines du Mal, écrit dans les années 70. C’est alors qu’une sordide histoire de disparition remonte à la surface. Harry se retrouve alors accusé d’un meurtre vieux de plus de trente ans et Marcus, persuadé de son innocence, va mener sa propre enquête dans la paisible bourgade d’Aurora, New Hampshire où vit Quebert depuis l’été où il a écrit son fameux roman et où le meurtre a eu lieu. Coïncidence ou pas… C’est ce qu’on va découvrir au fil de l’enquête.
Quand on aime le polar – ce qui est mon cas – on a l’habitude de se faire un peu trimballer, de partir sur de fausses pistes. Mais là, je dois dire que j’avais rarement été aussi surpris ou du moins pas à autant de reprises. On suit l’affaire avec Marcus qui nous fait part de ses doutes, de ses soupçons. On découvre donc tout au rythme de l’enquête et des nombreux flash back correspondant aux souvenirs des témoins. Mais dès qu’on pense avoir une longueur d’avance, on se prend gentiment une petite claque pour nous remettre à notre place, tout comme le narrateur d’ailleurs.

Dicker nous implique tellement dans cette enquête, qu’on n’a qu’une envie : en connaître le dénouement.

Ca passe évidemment par une certaine sympathie qu’on éprouve rapidement pour Marcus et qui nous donne envie de l’accompagner. Tout cela fait de ce bouquin un petit chef d’œuvre particulièrement séduisant et addictif dont les pages défilent à une vitesse impressionnante. Un polar mâtiné de roman d’amour, l’amour d’un couple et l’amour de l’écriture. A lire et à partager sans modération, même si on regrette de l’avoir terminé.

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