Vendredi soir, le portable sonne : « ça te dit de venir voir Steve Hackett ce soir à l’Olympia ? ». Le temps que les fils de mon cerveau se reconnectent, et je percute à qui j’ai affaire : Steve Hackett, LE guitariste du groupe Genesis.

Me voilà donc le soir-même devant les célèbres néons rouges. Le gros point positif de l’Olympia, ce sont les dimensions équilibrées de sa salle : assez vaste pour une bonne acoustique mais assez réduite pour permettre une relative proximité entre l’artiste et son public. Monsieur Steve Hackett débarque, sobre, guitare à la main et suivi de ses musiciens, dont le bassiste avec son look venant tout droit des années 70.

C’est parti, les premières notes fusent et cette sonorité si particulière me fait sourire : je ne me suis pas trompé d’endroit. L’ambiance musicale instaurée par le synthé et par le timbre spécifique de la partie guitare est caractéristique du rock progressif des années 70. Nous avons d’abord droit à une première partie composée de ses propres morceaux. Je ne connaissais pas ce qu’il avait fait en solo, mais force est de constater que c’est vraiment pas mal, très pro : le son est équilibré, précis, mais il vaut mieux s’être déjà fait l’oreille sur du YES ou du Genesis avant !

La seconde partie est réservée aux compositions de Genesis, et on sent bien que la salle les attendait. Ça commence par une piste de l’album Foxtrot, puis on enchaîne – sans pause – avec des chansons connues, d’autres moins connues… une chose est sûre : on en a pour notre argent! D’autant que Genesis, c’est souvent plusieurs pistes en une. Dans la dizaine de minutes que dure en moyenne un morceau, on voyage au grès des différents thèmes musicaux, variations et autres dialogues instrumentaux. Cette variété apporte une densité et une richesse appréciable, comparée à la vacuité des modèles standards dictés par les radios: couplets/refrain/couplet/refrain.

Le bis arrive, une chanson de sa carrière solo, dommage je me serais bien fait une dernière de Genesis. J’allais partir satisfait de ma soirée, mais les dernières notes du bis s’éteignent et là, ils repartent sur un dernier morceau, et quel morceau : Firth of fith de Genesis.

L’enregistrement studio fait quasiment dix minutes, vont-ils le raccourcir? Question légitime compte tenu que la version de l’album live Seconds Out est déjà une réduction. Je m’enfonce néanmoins sans appréhension dans mon strapontin, ferme les yeux et profite de ce qui m’est offert. Intro au clavier, pas aussi propre que celle de Tony Banks (aka le claviériste de Genesis) mais vraiment décente, le batteur a un style complètement différent de Phil Collins mais pour la dernière, il se donne à fond, le plaisir est réel et le temps se fige. La meilleure partie de la piste et son solo de guitare arrivent, Steve Hackett aux manettes : magique. Le morceau aux sonorités clairement surdimensionnées par rapport à la taille de la salle me prend aux tripes et je me surprends à frissonner alors qu’il fait un bon 25 degrés dans la salle.

A l’issue du cet ultime morceau, le temps redémarre, les spectateurs se lèvent mais moi je suis scotché. Un grand merci pour l’invit’, et bravo Steve Hackett, je m’en vais garnir mes playlists et sûrement investir dans l’album Selling England by the Pound. Pour les amateurs du genre je conseille également Dance on a volcano ou encore Los endos de l’album A trick of the tail de Genesis qui décoiffent pas mal. Mais attention, il est fortement recommandé d’écouter tout ça avec du gros décibel et sans lésiner sur les basses, sous peine de passer à côté des sensations que ce genre musical a à transmettre !

Crédits photo à la une © The Guardian

Écrit par Guillaume Julien

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