Sud-Ouest de la France, région de Biarritz : le soleil, les plages, les dunes sauvages, le surf et les bikinis. Mais que se passe t-il si tu dérives de 50 km à l’ouest de la frontière espagnole ?

Ayant passé toute mon adolescence chez mes grands parents à côté d’Hossegor, et donc à la limite entre les Landes et le Pays Basque (Euskadi), j’ai vu le panneau qui indiquait la direction de San Sebastian (Donostia en basque) un bon gros paquet de fois. Août 2015, je décide de concrétiser puisque je suis tout à côté de Biarritz, à 50 km de ladite Donostia. Puis si j’ai l’occase, j’irais aussi bien faire un tour du côté de Bilbao, voir au moins le Guggenheim, puisque ça n’est qu’à 1h20 de route supplémentaires. Appareil, trépied et maillot de bain parés, je me dis que je veux impérativement trouver cette vue de taré sur laquelle je suis tombé en sondant Google Images, et l’immortaliser à l’aide de sieur Nikon.

45 mn de car plus tard, j’atteris en pleine nouvelle Donostia. Mouais, un peu déçu par ce que je vois sur le chemin, qui n’est ni très beau ni goulayant. Je commence progressivement à sentir l’iode et arrive sur la baie, qui  est clairement immense.

Deux monts la ferment et lui donnent cette apparence de croissant de Lune décelable dès que tu prends un peu de hauteur. Les locaux l’appellent La Concha.

Hinhinhin. Les 5 jours à venir risquent de pas être dégueulasses du tout. Petite auberge en plein centre, dans le quartier des bars (je te laisse donc imaginer que si tu veux te coucher à 22h t’as tout intérêt à amener des boules kies bloquées sous un casque de chantier, donc fais une croix dessus). Je dépose mes affaires, vais vandaliser quelques pintxos à bas prix (bouffe et tise sont honteusement peu chers), et me mets en route pour découvrir le Monte Urgull qui se cache derrière la basilique Santa Maria, au coeur de la vieille ville.

Quelques décilitres de sueur plus tard, après maints arrêts pour admirer la nature offerte par Urgull sous un soleil qui colle des patates, je me retrouve sur un belvédère. La grandeur de la baie, cette île isolée perdue en plein milieu sur laquelle les vagues se brisent en silence, le Monte Igueldo se dressant de l’autre côté, et les conversations etouffées venant du restaurant de fortune juste en dessous. Je commence aussi à comprendre pourquoi les locaux l’appellent la baie de perle. Je sonde la bande de plage, noire de monde malgré la taille du bordel.

Maintenant imagine un peu ce qui suit.

Tu n’auras pas profité pleinement de la ville avant d’être arrivé au sommet de l’autre Mont qui ferme la baie : le Monte Igueldo. Un funiculaire (très onéreux : 70 cts) te permettra d’y monter sans trop suer, mais comme tu es là pour explorer, ne le prends pas, ce serait râter un bel aperçu de la côte basque qui s’étend à l’ouest. Pour ce faire, rien de plus simple, tu n’as qu’à prendre la route en bas du funiculaire, et la suivre jusqu’au sommet.

Une fois arrivé tout en haut, tu pourras t’envoyer encore quelques pintxos dans le parc d’attraction niché là et recharger les batteries. La plus belle vue sur La Concha se trouve résolument ici, sur le Monte Igueldo, et c’est à ce moment précis que tu réalises à quel point une photo ne rendra toujours compte que de 50 % de la beauté du paysage. Attends que le soleil se couche pour voir s’illuminer tout le littoral, jusqu’à même voir le phare de St Jean De Luz. Admire au passage la mixité mer / montagne, et la chaîne Pyrénéenne qui s’étend à perte de vue derrière Donostia, sur toute la façade Est / Nord-Est depuis ta position.

 

Redescends cette fois-ci par le funiculaire et balade toi le long du paseo de la Concha pour rejoindre le centre-ville. Là, tu pourras capter les discussions frivoles de groupes d’amis consommant leur dîner sur le quai en attendant les heures de folie et voir les couples qui guettent au loin les lumières se propageant sur l’eau calme et uniforme.

Le début de soirée est incomparable, et les dernièrs instants de calme dans la ville précèdent le tumulte à venir qui se glissera avec force des portes de bar.

Tu auras l’embarras du choix pour ton dîner, mais respecte la coutume locale en allant manger un combinado avec tout le monde vers 22h, dans un des nombreux restaurants ou bars qui composent le centre de la vieille ville. Les prix dérisoires, liés à la qualité et à la quantité appeleront une petite marche digestive avant de jouer les piliers de bar pour ta P2 de soirée. Tu peux toujours rejoindre le port et pousser ta balade jusqu’au second parc d’attractions qu’il y a en contre-bas d’Urgull, tu auras alors l’occasion d’admirer Donostia illuminée depuis un point de vue que tu n’avais pas encore expérimenté. Le reste de la nuit n’appartient qu’à toi, mais si tu t’engouffres chez les fêtards, ne compte pas poser la tête sur ton oreiller avant 7h du matin. L’ambiance locale révèle des habitants accueillants et chaleureux, des touristes extravertis par l’esprit de fête ainsi qu’une une grande mixité de générations dans les bars et restaurants.

Les deux jours suivants ont été calqués sur le même rythme : une forme de chill pleinement rentabilisé et je n’avais  qu’une seule pensée en tête, traîner mes potes là-bas l’été suivant avec l’assurance du vécu qu’on se régalerait.

C’est à moitié à contre-coeur que j’effectuais mon check out de l’auberge au matin du quatrième jour, que je pris mon car pour Bilbao afin d’explorer la « bague verte », et que je prévoyais de finir mon périple sur la côte basque sauvage, entre les villages de Deba et Zumaia, engrainé par la narration faite par mes compagnons de chambrée.

NB : Comme les Basques n’aiment pas copier les Espagnols, ils appellent ainsi leurs tapas des pintxos.

Crédits photo © U.J

Écrit par Ugo J. Grillis

2 thoughts on “ San Sebastián ”

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