Indonésie, terre mystique

L’Indonésie, pays aux 17000 îles et 280 millions d’habitants, pays dont la capitale apparaît dans vol 714 pour Sydney et conditionne l’aventure de Tintin. De Jakarta à Makassar, de Yogyakarta à Balikpapan, en passant par Flores et Lombok, il serait réducteur de ne s’y intéresser que pour Bali.

Je me suis décidé à explorer le maximum possible et mon esprit n’est toujours pas rentré en Europe. Il faudrait une vie entière pour en saisir les subtilités, réussir à percevoir toutes les beautés de ce marasme envoûtant. Carnet de route, entre avions et scooter.

Après deux jours à Singapour, l’île de Java m’ouvre ses portes. Yogyakarta se décide à accueillir un pauvre pèlerin en quête de découvertes. Sac sur le dos, arrivée dans un aéroport mono-piste, je me retrouve dès le franchissement des portes à un brouhaha exceptionnel, joyeux n’importe quoi de taxi sauvage et route saturée. Je me dirige vers un bus et déjà, je sens que ce n’importe quoi est en fait bien organisé. Il vaut mieux parler quelque peu anglais et comprendre 2/3 mots d’indonésien sinon, prenez un taxi! Dans le bus, une femme est à côté des portes arrières et parle tout le long du trajet pour annoncer les rues et le nom des arrêts! Au moment de descendre, ne pensez pas que le bus va s’arrêter pour vous laisser le temps d’y aller tranquille, non non. Il arrive à un espèce de quai nommé shelter ( refuge en anglais, pour se protéger des fous du volant je pense ), les portes s’ouvrent alors qu’il roule encore et c’est à vous de descendre au vol, ne manquez surtout pas la marche.

Le temps de descendre et la ville s’ouvre à vous, des odeurs aux bruits, on peut entendre le coeur de Yogya battre au gré des klaxons et cris des voleurs ambulants. Un plaisir de voir le monde, de voir la vie s’extasier malgré une pauvreté latente qui se met en scène sans tabou. IMG_7751On ne détourne pas le regard comme chez nous, ici le coeur et les sourires prévalent. Même si les indonésiens n’ont rien, ils vous en donnent la moitié avec plaisir. Arrivée à la guesthouse, une escale douche avant de se replonger dans ses artères, je passe une soirée à déguster un Nasi Gudeg: riz et boeuf aux filaments de noix de coco. En compagnie de Chuprit et Mariza, les gérants de la guesthouse, nous échangeons sur leurs expériences de vie et les raisons de leur amour de Yogya.

Après 3 heures de sommeil, un taxi m’attend à 4 heures du mat’ pour aller voir le lever de soleil au temple de Borobudur. Après une bonne heure de route, on nous équipe de lampe de poche pour se frayer un passage jusqu’au sommet couvert de Stupas plus belles les unes que les autres. Le mysticisme opère lorsque le ciel rougit, IMG_7837la brume n’a toujours pas quitté la cime des forêts environnantes et les couleurs se dessinent sous nos yeux, le volcan Bromo en toile de fond.Les ténèbres s’évacuent sous le regard bienveillant de Buddha, les détails des bas-reliefs se révèlent à nos yeux privilégiés. Le temps semble absent, et c’est tant mieux.

Le soleil dans son ascension, nous partons vers le temple hindou de Prambanan. Le respect des Indonésiens pour leur héritage est admirable et les plus jeunes, en visite scolaire, nous demande fréquemment à apparaître sur leurs photos, rafraîchissant! On admire le temple, ses multiples toIMG_7890urs environnantes dans un parc immense. Les mots ne peuvent remplacer les images, qui elles-mêmes ne peuvent se substituer à une sensation d’être privilégié. Hors du temps, je suis perdu dans un monde parallèle, béatitude absolue.

La journée n’est pas finie pour autant, il est temps désormais de se perdre dans la ville. De partir admirer le palais du Sultan, bon au final je suis déçu par le Kraton et Taman Sari, les thermes réservés à sa cour. On est très loin de la beauté intemporelle des temples environnants. IMG_7938La ville est toutefois intéressante, refuge de graffeurs et de streetart sur Jalan Malioboro, grande artère qui coupe la ville verticalement. Prenez des fruits frais dans les petites carrioles qui jonchent les trottoirs, se rafraîchir et voir les artisans travailler les métaux. Des joailliers avec pignon sur rue, les Indonésiens ne semblent jamais pressés. Ils vivent au rythme de leur ville et de l’appel à la prière du Muezzin. L’Indonésie est le plus grand pays musulman au monde, le saviez-vous? Moi, non mais maintenant si.

Ce premier carnet s’achève lors d’une soirée à déguster une bière fraîche avant de s’asseoir à même la rue sur des coussins disposés par terre et de goûter ce que la cuisine traditionnelle javanaise nous offre. Entre deux sourires, les plats défilent et je pense déjà à ma prochaine étape. Ce sera Flores et les dragons de Komodo. Le temps d’embrasser mes hôtes, le taxi m’attend à 5 heures du matin. Selamat Jalan Yogyakarta, Selamat Datang Flores!

Écrit par Fabien Segalini

 

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