Lera Lynn / La vie que j’aime le moins

Cette magnifique chanson nous emmène dans la nuit. Et je dois avouer qu’il est apaisant, parfois, d’errer aux côtés de son ombre, se laisser bercer et envahir par un clair-obscur impérieux, inévitable. Mais aussi réconfortant que l’amour d’une mère.
Et en écoutant My Least Favorite Life, je me surprends à flotter dans une substance chaude et douce, enveloppé dans une fumée qui m’étreint, comme de l’éther.

Cette lumière… Et puis ce viel ampli Fender en tweed, cette belle Guilt rouge, et ce vide… Quels frissons! Pour un musicien, cette simplicité transmet tellement d’émotion, et est si difficile à atteindre! Sans doute une des raisons pour laquelle j’aime autant l’Americana. La nudité.
La musicienne de Nashville a d’ailleurs mis davantage de tremolo dans cet enregistrement que dans la version studio. Et toute la tension de l’ouest américain résonne à travers cette oscillation sonore: si tu veux vivre, sois prêt à perdre de toi-même.

Il y a une sorte de sagesse cachée dans les expériences graves, et je crois que c’est ce qui attire les gens vers la musique sombre. (L.Lynn)

On a sans doute trop pris l’habitude de laisser ses chagrins et sa noirceur dans un placard ces derniers temps, préférant d’autres masques, plus faciles, plus éphémères.
Ici, Lera Lynn embrasse pleinement la sienne. C’est d’ailleurs le rôle, ou le fardeau de l’artiste, de revêtir et de révéler ce que le spectateur ne peut exposer au grand jour.
On ne peut que remercier Nic Pizzolatto et T-Bone Burnett d’avoir fait de Lera Lynn une sorte de fil conducteur sonore, ou plutôt le reflet musical de la seconde saison d’une fabuleuse série: True Detective !

Nic voulait une chanson à propos d’un amant qui meurt et qui revient en corbeau (L. Lynn)

Composée avec l’aide de Rosanne Cash — fille ainée de Johnny Cash — et celle de T-Bone Burnett — qui a notamment produit Roy Orbison, Cassandra Wilson, Elvis Costello, Alison Krauss et Robert Plant, Elton John, BB King, la bande originale du film O Brother, celle de Walk The Line,… et donc celle de True Detective, excusez du peu! — My Least Favorite Life va au-delà de la simple mélancolie. Elle plonge au fond d’une âme cassée, mais sereine. Surement celle des personnages de la série.

« Le chuchotement de deux ailes brisées
Peut-être les tiennes, peut-être les miennes »

C’est ainsi que Lera Lynn a pu donner le ton aux acteurs. Littéralement. Puisque pendant que Vince Vaughn et Colin Farrell tournent la scène, elle, joue, au fond du bar, seule. J’y vois la personnification de leur voix intérieure. Je vous invite d’ailleurs à lire les paroles… et pourquoi pas écouter ses autres chansons qui accompagnent la série.

Et puis tenez, petit cadeau pour la route. En attendant mon billet sur la série… Vous pouvez laisser ces regards et ce vide, tellement intenses, vous envahir:

12231582_10208330061951462_746876302_n

D’ailleurs je crois que je vais aller faire un tour à Londres le 21 janvier prochain, histoire de voyager avec elle au Slaughtered Lamb.

Crédits photo : © Ixchel Lara

Écrit par Adrien Di Bona

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s