Pêché Mignon : Meliora

La musique n’était pas « mieux » avant : faire ce constat reviendrait à dire que l’on ne s’est pas montré assez curieux sur ce qui se fait de bon actuellement. Mais je reconnais qu’il en faut beaucoup pour épater le vrai mélomane que tu es. Musicalement d’une part, mais aussi visuellement, sans compter la présence scénique, la qualité du live… Que voulez vous, le titre d’artiste se mérite.

Mon dernier coup de cœur qui remplit ces critères n’est ni plus ni moins un groupe de rock totalement anonyme aux sonorités 70’s qui ont adopté l’esthétique visuelle de l’Eglise catholique en version satanique : Ghost !

Ghost est un groupe de métal de type heavy, voire doom. Comme tout bon groupe de métal du Nord qui se respecte, ils ont un look charmant : le frontman Papa Emeritus est grimé en pape satanique et arbore un joli masque maquillé dans le style corpse paint. Quand aux cinq autres membres appelés les Nameless Ghouls (les Goules Sans Nom), ils portent tous le même masque de fer. On peut les dissocier seulement à l’aide des signes alchimiques qu’ils portent sur leurs robes (le feu, la terre, l’eau, l’air, et l’éther). La grande classe.

Ghost souhaite préserver son anonymat afin que le public se concentre sur sa musique (ça leur sert aussi à troller le public. Lors d’une de leur performance, une des goules était remplacée par  Dave Grohl)

Malgré un visuel ésotérique vachement sectaire, le groupe est doté d’un sacré sens de l’humour, et leur musique est très entraînante. De ce fait, ils ont une place assez particulière dans le métal : certains adorent cette « bouffée d’air frais dans le métal » comme a pu le dire James Hetfield, d’autres puristes détestent foncièrement cette mascarade… A vous d’en juger !

Après Opus Eponymous (2010) qui nous présage l’arrivée de l’Antéchrist, et Infestissumam (2013) qui se concentre sur sa présence, le thème du dernier album Meliora (2015) tourne autour de l’homme et de la femme à la poursuite du but ultime de leur vie, ainsi que l’absence de Dieu.

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Le premier track d’intro Spirit est le point de départ du concept album, celui qui a posé l’atmosphère de Meliora. L’intro nous donne l’impression de pénétrer dans un film d’horreur old school. On entend une orgue futuriste, et un chœur beaucoup plus au point que sur l’album précédent (vive le mellotron !).

From The Pinnacle To The Pit nous rappelle que malgré la voix angélique du chanteur (je suis tellement fan de ce paradoxe), le groupe fait du bon vieux heavy metal. Une des Nameless Ghouls a d’ailleurs déclaré que le riff était dans le style de Led Zep.

En parlant de riff, celui de Cirice est impressionnant dans le genre. Puissant et divinement retro, ce morceau a gagné le prix de la meilleure performance métal aux Grammys face à Slipknot. Cerise sur le gâteau : le clip qui va avec est un superbe court métrage inspiré Carrie au Bal du Diable. 

Après cette belle performance, Spöksonat (oui, c’est parce que le groupe est suédois) est un entracte à la harpe aussi joli qu’angoissant… Arrivée à ce point dans l’album, je me demande s’ils  peuvent faire mieux.

Puis je me prends une claque en écoutant le track suivant, He Is : un morceau grandiose dans le style gospel, avec des polyphonies magnifiques, que même ta grand-mère adorerait (évite juste de lui préciser que c’est une ode à Satan).

On reprend nos esprits avec Mummy Dust, qui démarre au quart de tour. Si on met de côté le petit solo excentrique au clavier, l’instru me fait un peu penser à Megadeth. Le chant de Papa est ténébreux, d’ailleurs ce track rappelle énormément leur premier album qui contient les pistes les plus obscures et « vintage ».

Comment vous décrire Majesty ? On sent une bonne vibe « rock ancien », mêlée à l’excentricité de Ghost. C’est comme si Deep Purple se mettait à la prog. Ça pouvait bien marcher en soit, mais la lourdeur de l’instru éclipse beaucoup trop le chant qui paraît faible à coté.

Devil Church est le deuxième entract instrumental, ce qui veut dire que la fin de l’album est imminente. Un brin de tristesse m’emplit.

On passe à Absolution. C’est le genre de son que tu commences à réellement apprécier après la troisième écoute. Après un démarrage plutôt lent, un refrain épique accompagné au piano vous secoue enfin.

L’heure du final sonne avec Deus In Absentia, un bon petit condensé de chacun des titres précédents. Ghost tire sa révérence en beauté sur un refrain triomphant, jonglant sur différents rythmes, avec des contretemps bien insérés, en terminant sur une chorale gothique.

Un bilan très positif pour Meliora qui m’a envouté du début à la fin… La musique du diable est décidemment la meilleure. Rock on !

Écrite par Beri

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