Un échange avec The Seven Seas

Il y a un an de cela, je tombais sur un son intéressant, The Wall,  composé par un groupe de sensitive rock genevois nommé The Seven Seas. Le quatuor est jeune encore, et leurs influences sont très marquées, issues de plusieurs groupes des années 70 à 90. Nous avons donc engagé un échange directement via la messagerie de Soundcloud, en voici la synthèse.

Si vous deviez présenter votre musique en choisissant 3 mots, lesquels prendriez vous et pourquoi ?

Directe. Car la musique doit se ressentir et toucher sans détour. Si ton morceau ou ton son est pourri ou manque de vie, les gens l’entendront tout de suite et auront de la peine à accrocher. Si ta démarche est naturelle et sans ambages, que tu ne te poses pas trop de questions mais que tu te fies à ton instinct, tu auras toutes les chances d’arriver le plus près de ce sentiment originel, et à l’instiller à ton jeu / ta composition.

Sincère. Nous n’essayons pas d’être ce que nous ne sommes pas. De mon point de vue, la musique doit représenter notre manière d’être et ce que nous ressentons. Si on se met des filtres dans la composition ou dans notre manière de jouer, ça se ressentira à l’écoute et on risque de perdre notre authenticité. C’est à prendre ou à laisser.

Sensible. C’est le terme que nous essayons d’instaurer pour parler de notre musique : Rock Sensible, ou Sensitive Rock en anglais. On garde notre énergie rock mais on y met aussi du sentiment et on n’essaie pas d’être des gros durs juste pour la forme, alors que cette sensibilité peut être notre force. A nouveau, une musique non sincère aura de la peine à être ressentie comme vraie et à être communicative envers l’auditeur. Il faut créer cette connexion entre ceux qui font la musique et ceux qui l’écoutent. C’est aussi ce que je cherche quand j’écoute la musique d’autres artistes. Si je me ne sens pas touché, je me fais chier et je n’ai pas envie de continuer une expérience qui ne m’apporte rien.

 

The Wall paraît très mature artistiquement dès la première écoute, quelle a été la démarche dans la composition et l’écriture du morceau ?

Cem a composé la musique et, dès la première écoute, sans paroles, juste avec une guitare et le solo, Maxime a tout de suite senti le potentiel du morceau et sa profondeur. Cependant, contrairement à son habitude, Cem n’arrivait pas à venir avec les paroles qui convenaient. Un soir, inspiré, Maxime écris d’une traite le texte, qui collait parfaitement à la musique. Plusieurs interprétations sont possibles, même s’il existe une thématique en particulier, nous aimons l’idée que les gens puissent le comprendre à leur manière, mais partagent un même ressenti à l’écoute.

 

Une écoute attentive révèle que le titre est au croisement de plusieurs influences, rock psyché, grunge, folk … Une sonorité de guitare rétro qui rappelle un peu Danzig par exemple. Quels sont votre maîtres musicaux à la composition d’un tel son ?

En effet, il y’a plusieurs croisements de plusieurs influences non seulement pour The Wall mais également pour les autres moceaux. Cem a commencé à écouter dès son jeune âge du Blues ( Il a passé un bon moment avec Robert Johnson) et est passé au grunge (Nirvana, Alice in Chains et Mark Lanegan). Ensuite, il a découvert le rock psychédelique : The Black Angels, Weird Owl, 13th Floor Elevators, The Brian Jonestown Massacre, The Doors, etc… C’est le mélange de tous ces groupes et d’influences qu’est né le style que nous connaissons désormais dans The Wall.

Mais pour le reste du groupe ainsi que d’autres morceaux, nous pouvons rajouter Nightwish, Pink Floyd, Stevie Ray Vaughan, Steven Wilson, Rory Gallagher, Jeff Buckley, Chris Cornell, Iron Maiden et Metallica.

 

Si vous deviez représenter tous les 4 le titre en composant une image ou un tableau, cela donnerait quoi  ?

Nous imaginons un homme qui, dans un décor semi-apocalyptique, se relève de ses blessures, qu’elles soient morales ou physiques, accepte ces blessures, mais garde espoir et refuse d’accepter la fatalité qui lui échoit. L’atmosphère autour de lui est sombre, les couleurs ternes, hormis un point à l’horizon qui signifie peut-être un renouveau, pour lui ou pour la planète entière. C’est un tableau qui exprimerait la tristesse, la faiblesse et la douleur, tout en laissant entrevoir que ce n’est que par la volonté que l’on peut l’outrepasser, et qu’on est souvent capables de plus que ce que l’on croit pouvoir faire à la base

 

Votre univers mêle au même niveau la voix et les instrus, on vous a peut être fait ce reproche mais en réalité cela vous donne une véritable identité musicale. Quel est le processus de création de vos morceaux, composez vous les instrus d’après les lyrics ou le contraire ?

Les instruments en premier ! La mélodie est bien plus importante que les paroles. Ce sont les instruments qui nous font voyager dans un autre univers. Les paroles ne sont là que pour accompagner le voyage avec un rythme, une mélodie qui ajoute le  »plus » des instruments. Le plus important est d’abord de trouver un bon instrumental, ensuite un ryhtme du chant qui accompagne bien les instruments et enfin, les paroles qui rentrent dans le jeu !

 

Il y a déjà une belle cohérence entre les 3 titres disponibles à l’écoute, Origins, The Wall et Hope I don’t forget, c’est le début d’un voyage musical inspirant pour l’auditeur. Avez prévu de sortir un EP bientôt ?

Oui, même si aucune date n’est avancée. Avec nos études, il est parfois difficile de trouver du temps pour enregistrer de manière sereine. On espère qu’avec l’été approchant on pourra avancer de ce point de vue là. 2 morceaux sont à venir prochainement, car déjà partiellement enregistrés, et nous souhaiterions en effet sortir quelque chose qui s’apparenterait à un EP avec ces 5 morceaux, avant de s’atteler à l’album, et d’approcher un son plus « pro », même si nous sommes déjà heureux d’avoir pu partager notre musique autour de nous, ce qui nous a permis également d’avoir nos premiers retours, positifs, de la part gens issus d’horizons variés. Hope I Don’t Forget est le seul morceau que nous avons enregistré nous-mêmes, Origins, The Wall, et les deux autres à venir ont été enregistré chez nos amis du Collectif Chillonda.

 

Quels sont vos projets pour la suite de l’aventure ?

Devenir maîtres du monde. Plus sérieusement, nous souhaitons élargir notre fanbase, enregistrer un album complet, faire autant de concerts que possible pour propager notre musique, continuer à composer et à nous améliorer pour enrichir notre musique. Je pense pouvoir dire avec conviction que ce n’est que le début d’une aventure qui nous mènera là où la vie veut bien nous mener, en espérant que ce soit loin.

 


 

Entre temps, bien sûr le groupe a continué à composer, et semble gagner peu à peu en maturité artistique. Je respecte plus que tout les artistes qui ont leur propre univers toujours plus en expansion, et s’améliorent techniquement pour lui faire honneur. Merci à eux pour le temps qu’ils m’ont accordé, et que la suite de leur histoire soit belle.

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