Vaya con Asturias

Cela fait maintenant deux ans que je pars dès que je peux, explore tout ce que je peux, et que je mitraillais au reflex tout ce que je pouvais

Pourquoi employer le passé dans la dernière partie de la phrase ? Car mon périple dans les Asturies a changé quelque chose dans ma façon de percevoir le voyage et ce qu’il devait apporter. La Slovénie ayant déjà été un immense cap, je suis passé à une autre manière d’appréhender ce qui s’offre à moi quand je suis en mouvement.

La cause première est toute simple, mon appareil photo était en réparation lors de ce voyage dont j’avais soigneusement préparé l’itinéraire avant l’été dernier, il n’était donc pas question de tout décaler pour combler le manque d’une série de photos, il fallait que je me contente de mon téléphone.

Cette fois -ci, le but était de descendre en train jusqu’à St Jean de Luz et de tout faire à pied pour m’échauffer jusqu’à San Sebastian, avec une étape à Fontarrabia, au pied des Pyrénées occidentales. Une nuit chez l’habitant plus tard, je me préparais à passer le Mont Jaizkibel en partant aux aurores, et atteindre le Rade de Pasaia, marquant la frontière naturelle entre la France et l’Espagne à la demi-journée

 

Autant le dire tout de suite, j’en ai chié, tellement d’ailleurs qu’en arrivant à San Sebastian, après 13h de randonnée, je me suis retrouvé avec une tendinite. Ca commençait à sentir le foin pour tout ce qui était programmé à 400 km à l’ouest de là. Deux jours d’arrêt à San Sebastian (nul besoin de rappeler aux intimes à quel point je suis amoureux de cette ville et de sa baie) et la douleur intense amenuie par les anti inflammatoires m’ont empêché de crapahuter partout et de préférer le chill à une marche intensive dans un lieu que je connaissais déjà par coeur. Après avoir vidé quelques whiskys (dans le seul et unique but de soulager ma douleur, bien entendu) aux côtés d’amis anglais rencontrés la veille dans un bar de la vieille ville, et qui me rabâchaient sans cesse à quel point le Brexit était une catastrophe, je me préparais à mes 7h de car de nuit afin de rejoindre Gijon, deuxième ville la plus importante de la région des Asturies après Oviedo, et profitais une dernière fois d’un coucher de soleil sur la baie de perle

 

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J’ai aimé tout particulièrement un moment de ce voyage pénible (car 7h de car laissent largement assez de temps pour faire une bonne douzaine de colliers de nouilles), c’est le moment où Bilbao a été dépassée, car au-delà de cette ville que j’avais visitée l’année passée, je ne connaissais plus rien à l’ouest, et mon voyage pouvait enfin véritablement commencer. Après quelques déboires avec un allemand en chaussettes / sandales qui était particulièrement bruyant au ronflement et que j’avais en stéréo juste à côté de moi, le car avait atteint son terminus, et Gijon, qui allait être mon camp de base pendant 4 jours, s’offrait à moi, encore drapée dans une nuit brumeuse, teintée des rires alcoolisés des gadjos qui sortaient de boite et se précipitaient dans les cafés les plus proches pour s’enquiller (le terme technique est « éponger ») un petit déjeuner complet à 3 euros. En ce qui me concerne, je me trainais vers la plage pour profiter du lever de soleil, ce dernier tenant toutes ses promesses.

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Gijon est en réalité similaire à San Sebastian dans sa disposition, et la forme de sa baie. Elle reste tout de même plus industrielle bien qu’agréable. La réputation de la ville auprès des surfeurs n’est plus à faire, et bien souvent, les visiteurs des Asturies la préfèrent à Oviedo car, tout connement, il y a la mer. Oviedo, qui est le chef lieu de la région, est situé dans une zone légèrement plus en cuve, comme Bilbao. Ce qui tend à créer un climat défavorable l’été blablabla… il y a surtout la mer !

L’auberge dans laquelle j’ai résidé à Gijon est très clairement la meilleure que j’ai connue à ce jour (le Gijon Surf Hostel pour ceux et celles qui seraient tentés par cette magnifique région). Villa, avec grand jardin, un salon et une cuisine immenses, des dortoirs de 6 lits maximum (ce qui est un luxe), 4 minutes à pied de la mer et arrêt de bus quasiment au portail. J’étais dans mon dortoir avec deux madrilènes, Ana et Ainoha, aussi adorables l’une que l’autre et qui ont passé les trois jours suivants à très clairement se moquer de moi car je couinais en traînant la patte, et à me gaver d’anti inflammatoires, couplés à des verres de vin espagnol. Ne faisant aucun effort pour parler anglais, elles m’ont aussi obligé à retrouver des bases plus que solides en espagnol pour nos conversations en soirée et m’ont mené la vie très dure d’un point de vue linguistique pendant tout le séjour. Pamplinas !

Me rappeler du rythme de ces quatre jours me colle une nostalgie terrible au moment où j’écris ces lignes. Je partais très tôt le matin pour aller visiter un maximum de la région et rentrais le soir juste à temps pour l’apéro, trouvant mes deux zoulettes qui bullaient dans notre chambre en attendant que je revienne, pour me demander comment s’était passée la journée, trinquer, m’apprendre de fausses expressions idiomatiques et me décrire tous les jours un peu plus comment étaient leurs vies à Madrid.

Les journées furent consacrées à l’exploration d’un maximum de sites de la région, et j’en ai pris plein la pomme graduellement. Plutôt qu’une description exhaustivement chiante, je vais laisser cette fois la place aux images

Le jour même de mon arrivée à Gijon et après avoir lâché le plus gros de mes affaires à l’auberge, je repartais en fin de matinée vers le village côtier de Llastres, qui ressemble globalement à ça

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Oui, ça envoie du pâté. La chaîne de montagnes en arrière plan est la toute fin du massif des Picos de Europa, débordant à la fois sur les Asturies et la Cantabrie, sur lequel nous reviendrons un peu plus tard.

Le lendemain, c’était le minuscule port de pêcheurs pittoresque et bien caché de Cudillero qui m’intéressait.

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Ribadesella et son estuaire serpentant semblaient être, en tout logique, la prochaine étape du périple avant de s’attaquer à Covadonga et aux Picos de Europa.

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L’avant dernier jour devait tout bonnement être réservé à l’exploration d’une partie des Picos de Europa, en partant de la basilique de Covadonga, perdue dans les montagnes, magique et intemporelle, porte d’entrée des lacs stagnants et d’un paysage impressionnant. L’exemple en est le Lago de la Ercina :

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Et encore, cette vue épique au dessus des nuages au point le plus haut de ma randonnée

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Je passais ma dernière soirée avec les filles en leur racontant les péripéties de la journée, comme tous les soirs, et un dernier apéro sur notre balcon permettait de faire les ultimes adieux à notre trio éphémère.

Le car partait dans l’autre sens, direction Biarritz, Ana et Ainoha prenaient la route de Madrid et je re-franchissais l’extrémité maritime des Picos en passant par Santander, la tête pleine de bons souvenirs, avec une jambe de bois et une démarche de pingouin. La Slovénie et ses épreuves morbides étaient loin derrière, j’avais juste assez de photos pour représenter mon humeur et rendre compte de ce que j’avais vu, et vécu.

Alors, convaincus ?

Écrit par Ugo J. Grillis

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